La Candelaria transforme Puno chaque mois de février. Des milliers de danseurs costumés défilent dans les rues en pente de cette ville posée sur la rive péruvienne du lac Titicaca, accompagnés de dizaines de bandas de cuivres. Reconnue par l'Unesco au titre du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, cette fête mêle dévotion catholique à la Vierge de la Chandeleur et héritage des rituels andins et aymaras liés à la terre et au lac. Pour qui visite l'Altiplano en février, c'est l'occasion de voir la région sous un jour différent : moins silencieux, plus habité, plus bruyant aussi.
Dates et déroulement général
La fête s'organise autour du 2 février, jour de la Vierge de la Candelaria, mais elle s'étale en réalité sur près de deux semaines, souvent entre le dernier week-end de janvier et la mi-février selon le calendrier liturgique. Les temps forts se concentrent sur quelques jours : la veillée et la messe du 2 février, puis le grand concours de danses qui occupe généralement un samedi et un dimanche suivants, avec des défilés dans le stade Enrique Torres Belón et dans les rues du centre. Vérifiez les dates exactes de l'année en cours avant de réserver, car elles varient légèrement.
Les danses, entre dévotion et spectacle
Deux grandes catégories structurent le concours : les danses dites autochtones, plus proches des rituels agricoles et pastoraux anciens, et les danses dites de costume ou de lumière, plus théâtrales, avec des tenues brodées, des masques et des bijoux imposants. La diablada, danse emblématique de Puno, met en scène une lutte stylisée entre le bien et le mal, interprétée par des troupes qui répètent parfois pendant des mois. Les groupes viennent souvent de quartiers ou d'organisations de Puno et des communautés environnantes, et le niveau d'engagement physique et financier des danseurs surprend souvent les visiteurs : certains costumes représentent plusieurs mois d'économies pour une famille.
La dimension religieuse et communautaire
Avant d'être un spectacle, la Candelaria reste une fête de dévotion. La veillée du 1er au 2 février rassemble les confréries autour de la statue de la Vierge dans la cathédrale de Puno, puis une procession parcourt les rues du centre. Les danseurs eux-mêmes parlent souvent d'un engagement personnel ou familial envers la Vierge, parfois transmis sur plusieurs générations. L'organisation des troupes, des costumes et des financements repose largement sur un système de tours de rôle entre familles et quartiers, une logique proche de celle du tourisme communautaire que l'on retrouve sur les îles du lac, où les responsabilités et les revenus tournent entre les familles plutôt que de se concentrer sur quelques-unes.
Puno est à 3 812 mètres. Les défilés durent plusieurs heures en plein soleil ou sous une pluie fine selon les jours, et février appartient à la saison des pluies sur l'Altiplano. Prévoyez de l'eau, une protection solaire, un coupe-vent et un rythme lent les premiers jours si vous arrivez d'altitude basse.
Se loger et se déplacer pendant la fête
Les hébergements à Puno se remplissent rapidement durant la Candelaria, et les prix grimpent sensiblement par rapport au reste de l'année. Réserver plusieurs semaines à l'avance est recommandé, en particulier pour les établissements proches du centre historique et de l'avenue principale où passent les défilés. Les rues autour de la place d'armes sont fermées à la circulation pendant les parades, et il vaut mieux prévoir d'arriver tôt pour trouver une place le long du parcours.
Assister au concours de danses
Le concours principal se déroule généralement au stade Enrique Torres Belón, avec des billets vendus par tribune et par journée, à des prix qui varient selon la catégorie de danse présentée (autochtone ou costume). Il est aussi possible de suivre gratuitement les défilés de rue, moins organisés mais tout aussi vivants, en se postant le long de l'avenue principale. Les horaires de défilé s'étirent souvent sur une grande partie de la journée, et il n'est pas rare que les derniers groupes passent après la tombée de la nuit.
Prolonger la découverte du lac
La Candelaria se vit à Puno même, mais beaucoup de visiteurs combinent la fête avec une excursion sur le lac Titicaca, vers les îles flottantes des Uros ou vers Taquile et Amantaní. En période de fête, les départs de bateaux restent assurés le matin, même si le port peut être plus animé que d'habitude. Les communautés insulaires appliquent le même principe de prix fixes et de tours de rôle pour l'accueil des visiteurs que l'on retrouve dans l'organisation des troupes de danse en ville, une manière de répartir équitablement les bénéfices du tourisme.
